Histoire du muguet et de la tradition du 1er Mai

Dans le langage des fleurs, le muguet signifie  » retour du bonheur  » ! Mais pourquoi cette symbolique derrière ces petites clochettes blanches ? 

Voici quelques explications sur l’histoire de cette belle plante qui porte chance depuis la nuit des temps.

Une puissance symbolique ancestrale
“Dans la mythologie grecque, le muguet aurait été créé par le dieu des arts et de la poésie, Apollon, afin que ses neuf muses puissent marcher sur un tapis de clochettes parfumées. La légende ne dit pas si c’est pour protéger leurs pieds nus ou pour leur apporter l’inspiration…

Dans la tradition chrétienne, le muguet est associé aux larmes de sang de la Vierge Marie et de saint Léonard. La Madone aurait vu ses larmes de sang se transformer en clochettes blanches au pied de la croix, tandis que l’ermite, sauvagement attaqué par un dragon au fond de sa forêt, aurait vu son sang faire éclore un tapis de fleurs blanches, signe du retour imminent de jours meilleurs. Ces légendes ne sont pas sans rappeler celles du perce-neige , qui est d’ailleurs célébré le 1er mars dans les pays de l’Est.

Les Celtes l’estimaient déjà comme porte-bonheur. Sa floraison annonçait pour les celtes le renouveau de la nature et donnait un espoir de récoltes abondantes. 

Les clochettes qui annoncent le Printemps

Au Moyen Age, les mariages étaient généralement célébrés en mai. La tradition voulait qu’un brin de muguet soit accroché sur la porte de la future mariée, comme symbole de sa pureté. 

Fleur de printemps, le muguet symbolise dans les campagnes la fin de la rudesse de l’hiver et le retour de jours plus doux. Dès la Renaissance, il est offert comme porte-bonheur pour fêter le printemps. En 1560, on raconte que le jeune Charles IX, alors âgé de 10 ans, se fait offrir du muguet lors d’une visite dans la Drôme par le chevalier Louis de Girard de Maisonforte. L’année suivante, qui est aussi celle de son sacre, le roi décide de répandre cette pratique et offre des brins de muguet à sa cour au début du mois de mai. La tradition est lancée…

Histoire du 1er Mai :

Lors du 1er mai 1886 à Chicago, les syndicats américains se lancent dans un mouvement revendicatif dans le but de réclamer la journée de huit heures de travail. Malgré plusieurs actions et des dizaines de morts, la journée de 8h de travail ne fut pas acceptée.

En 1889 à Paris, le Congrès de la IIe Internationale Socialiste entra à son tour dans la lutte pour la réduction du temps de travail. Ce 1er mai fut alors désigné comme journée de revendication, en souvenir des événements de Chicago. Mais ce combat fut une réussite : le traité de Versailles adopta la journée de huit heures de travail.

En 1941 sous l’Occupation, le maréchal Pétain déclara le 1er mai « Fête du Travail et de la concorde sociale » afin de rallier les ouvriers au gouvernement de Vichy. Le jour devient alors férié et payé. L’églantine rouge, jusque-là symbole des contestations du 1er mai et du socialisme, fut alors remplacé par le muguet, en fleur à cette période de l’année.

Cette mesure du 1er mai comme jour férié fut reprise en 1947 après la guerre par le gouvernement issu de la Libération.

Aujourd’hui, le muguet est plus que jamais la fleur du 1er mai, autant pour sa portée politique que pour ses vertus porte-bonheur. Et ce jour-là dans la rue, chacun a le droit de vendre des brins de muguet !

La culture du muguet : 
Le muguet est une plante qui pousse naturellement dans les sous-bois et les prairies autour du 1er Mai : c’est ce muguet sauvage que l’on peut vendre à la sauvette le 1er Mai uniquement après l’avoir cueilli dans les forêts, les sous-bois, les prairies…

Le muguet est aussi cultivé par les horticulteurs et c’est Nantes produit 85% de la production française ! Les 25% étant originaire de Bordeaux. Cette culture n’est pas si évidente. Le muguet est composé d’un bulbe que l’on appelle “griffe” qui se développe durant deux ou trois ans selon les températures. Pour se développer, cette griffe à besoin de température froide en hiver et douce le reste de l’année, ce qui correspond tout à fait au climat nantais. Une fois le bulbe bien développer, deux feuilles vertes sortent de terre, pour ensuite faire apparaître deux ou trois brins de muguets sur ses feuilles. 

Cette culture étant longue et difficile, le muguet à besoin de beaucoup d’eau pour se développer, d’où son prix onéreux. 

Important à savoir : le muguet est une plante toxique à manipuler avec précaution.

L’autre raison des petits bouquets c’est la toxicité du muguet : pas question de faire de gros bouquets de muguets, ils vous rendraient malades. 

Les fleurs, les feuilles et les baies du muguet (Convallaria majalis) sont extrêmement toxiques, voire mortelles. Ne laissez pas les jeunes enfants et les animaux les toucher, ni les ingérer. De même pour l’eau des vases de muguet et les fleurs séchées qui peuvent avoir de graves conséquences, il ne faut en aucun cas les ingérer. 

Alors, pour éviter tout risque d’intoxication, voici les mesures de prévention à appliquer :

  • ne laissez pas traîner l’eau du vase,
  • ne mettez pas un brin de muguet au coin de la bouche, comme on peut le faire avec un brin d’herbe ;
  • lavez-vous les mains après avoir touché la plante,
  • expliquez à votre enfant que le muguet est joli, certes, mais dangereux
  • ne laissez pas de muguet dans un endroit que votre animal peut atteindre.

Mettez vos 3 brins de muguet dans un vase dédié, qui ne soit pas à portée des enfants et tout ira bien, vous pourrez profitez de son parfum si délicat en toute sérénité.